Point-presse du 11 mars 2009

Publié le par la pie des deux-sèvres

 

Une concurrence forte entre les usages de l’eau


Depuis le milieu des années 80 l’irrigation agricole a amplifié ses prélèvements d’eau jusqu’à l’insoutenable[1].Une concurrence nouvelle était imposée aux autres usagers de l’eau pourtant préexistants, sans aucune concertation, sans aucun débat de société, générant un conflit d’usage de l’eau encore actuel : milieux naturels et ressources en eau potable sont pleinement atteints par une forme d’agriculture poussée à l’extrême.

Les conséquences sont multiples tant sur l’aspect quantitatif que qualitatif. La concurrence engendrée par le développement anarchique de l’irrigation dans les années 80 pose encore problème 25 ans après. Cours d’eau asséchés, ressource en eau potable altérée.
Tout cela engendre un coût pour la société.

 

Une application de la loi qui court derrière le problème…

La législation (loi sur l’eau de janvier 1992 arrivée tardivement et loi de décembre 2006) peine à sortir la ressource en eau de notre région d’une situation de crise chronique.

Chaque année les arrêtés préfectoraux progressent légèrement, mais le décalage entre la situation de terrain et l’objectif visé de « bon état »  des eaux contenu dans les directives européennes, est loin d’être atteint.

Les situations de crise concernent plus de deux années sur trois. 

 

Les associations acteurs du retour à la normale

Depuis 1989 les associations proposent des mesures destinées à rééquilibrer la véritable « O.P.A » réalisée par l’irrigation sur la ressource en eau.

 

Les propositions des associations relatives à l’arrêté préfectoral :

I- Des propositions d’ordre général et parmi elles :


► Respect dela hiérarchie équilibrée des usages de l’eau énoncée par la loi : eau potable, milieux aquatiques et ensuite l’usage économique.

► L’utilisation du système « multi-indicateurs » pour gérer la ressource en eau, dont une partie constituée d’indicateurs visuel tels que sources et cours d’eau.
L’observation de la ressource en eau doit permettre de prendre les alertes de limitation des pompages avant les difficultés de fonctionnement des milieux. Cela implique :

► une anticipation suffisante des limitation prises par les arrêtés.


► La réduction des volumes pompés, annoncés depuis quelques mois est une avancée partielle, toutefois la protection de la ressource passe impérativement par un système d’alerte plus efficace.

 On a beaucoup parlé d’assèchements des cours d’eau depuis 1989, mais les écosystèmes aquatiques sont atteints bien avant les assecs.
Les rivières nécessitent des débits minimum permettant les cycles vitaux d’une part et aussi l’auto épuration.
Les prélèvements demeurent à ce jour excessifs.

L’APIEEE a déjà démontré à 4 reprises[2] par arbitrage du tribunal administratif de Poitiers que les arrêtés élaborés dans le passé souffrent d’inadaptation.

► l’harmonisation des mesures « par le haut » au sein des bassins versants

► le respect de la notion de bassin versant et de bassin d’alimentation

 

II -  des propositions concrètes sur chaque bassin versant regroupées sur un document élaboré au niveau de chaque département de Poitou Charentes par le collectif CARG’EAU.

 

En résumé


Le département des Deux Sèvres même s’il n’est pas le plus mauvais élève de la région doit poursuivre les progrès amorcés destinés à rétablir le très profond déséquilibre provoqué par une activité humaine aussi gourmande en eau qu’en deniers publics.

La gestion de crise devrait être réservée à des circonstances exceptionnelles ; pour ce faire non seulement les volumes prélevés doivent être diminués mais le système d’alerte doit anticiper précocement  la dégradation des écosystèmes et des nappes.

Des options politiques cohérentes avec l’intérêt général sont indispensables.
Un système économique, qui plus est subventionné, ne peut pas assurer sa viabilité en détériorant une autre part de la société.

 

Pour l’APIEEE son porte parole

Daniel Barré

 

 



[1] Les  maximum enregistrés ont dépassé dans le début des années 90 les 60 millions de mètres cubes, en 4 mois d’été soit 2 fois la quantité d’eau potable consommée en 1 an par l’ensemble des habitants du département.

Depuis quelques années ces volumes agricoles ont été considérablement  réduits.

[2] Trois fois sur le bassin de La Courance, une fois sur celui de la Sèvre Niortaise amont

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Publié dans Communiqués de presse

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